Happy Lao New Year. Et oui, je vous l’avais déjà dit, je passe aujourd’hui en l’an 2551, bien avant vous !  


Bien sûr, officiellement le Laos vit aussi en l’an 2008 et le passage d’une année à l’autre se fait du 31 décembre au 1er janvier. Mais le Laos, comme la Thaïlande, a gardé la tradition de fêter le nouvel an au mois d’avril. Il s’agit à l’origine d’une coutume religieuse bouddhiste. Aujourd’hui, même si les aspects religieux ont toujours lieu, c’est aussi l’une des rares occasions pour les Laotiens de s’éclater. Et ils s’éclatent !!! Tout particulièrement ici à Luang Prabang, l’ancienne capitale du Laos. C’est l’un des endroits où la fête est la plus grandiose.

 

Normalement, le passage à l’an neuf se fait sur 3 jours mais cela fait déjà plusieurs jours que je me fais « arroser » et cela va encore durer pendant une semaine apparemment. 


Au niveau spirituel, les Laotiens ont la croyance que pendant ces 3 jours, les anciens esprits s’en vont et les nouveaux arrivent. Et comme pour tout bon déménagement, on nettoie le tout à grandes eaux !

Le premier jour, aujourd’hui donc, les anciens esprits s’en vont et les Laotiens en profitent pour faire le grand nettoyage de la maison. Ils vont également de l’autre côté du Mékong pour construire des petits stupas en sable et y planter des drapeaux pour la bonne chance. Au passage, on s’arrose copieusement de l’eau du fleuve. 

Demain, le deuxième jour, il y aura une grande parade avec notamment des éléphants et miss Laos 2008 qui a été élue hier. Je me réjouis de voir si elle se fera arrosée. Peut-être qu’elle défilera en maillot de bain ! 

Le dernier jour, c’est au tour des moines de faire le grand nettoyage. On sort toutes les statues du temple dans la cour principale et on les nettoie à grandes eaux, pour faire place aux nouveaux esprits (mais ils ne viendront que le 6ème jour. Bon je vous avoue, je m’y perds un peu quand même). Ici, à Luang Prabang, il y a du travail. Il y a plus de 139 temples et les temples sont remplis de statues de toutes les tailles. Les Laotiens reçoivent ensuite l’eau avec laquelle les statues ont été baignées pour se la verser mutuellement en signe de bénédiction. Les jeunes versant l’eau dans les mains des plus âgés en signe de respect. 


Mais de nos jours, même si la vraie raison est de maintenir les traditions bouddhistes (surprenant tout de même dans ce pays communiste), c’est surtout devenu une grande fête populaire. Surtout pour les plus jeunes. Aujourd’hui, à certains moments, j’avais l’impression de voir défiler les étudiants belges lors de leurs grosses guindailles, la bière en moins, la chaleur tropicale en plus.
 


A l’heure où je vous écris, les jeunes Laotiens défilent depuis plus de 5 heures, à pied, à moto ou agglutinés sur des camions en se lançant de l’eau mais aussi … de la farine (auraient-ils fait un stage à la St Nicolas à Liège ???).


   
 

Aujourd’hui, les seuls adultes qu’on voit participer au « cortège » sont les touristes. C’est bizarre, c’est comme si tout d’un coup, ils se lâchaient aussi en retrouvant leur âme d’enfant. Ils sont presque pires que les ados laotiens. Ils courent dans les rues avec des gros pistolets à eau (style bazookas) qu’ils se sont achetés au marché (pour moi personnellement, c’est un peu honteux aussi dans la mesure où la plupart des enfants laotiens n’ont pas la possibilité de s’en acheter de si gros. Mais bon !). Et pas de pitié pour les autres touristes. 


Enfin, le principal, c’est que les Laotiens semblent vraiment apprécier que les touristes participent à la fête. Et pour ma part, ça fait 3 jours qu’à chaque fois que je sors l’après-midi, je suis trempé dans les 5 minutes qui suivent. L’avantage, c’est que c’est très rafraîchissant.


 

2551 bises bien mouillées.

 


François

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