Les paysages du Tibet sont magnifiques. En plus, l'automne est arrivé ici. Les teintes vont de l'ocre des arbres ginkobiloba au rouge des roseaux dans les lagunes en passant par le violet prononcé de petits arbustes ressemblant à des bruyères. Au petit matin, les montagnes sont recouvertes de neige. La lumière est fascinante. Elle a quelque chose de particulier. Du coup, les montagnes prennent des teintes vraiment envoûtantes. On dirait qu'elles sont recouvertes de velours. Avec le jeu des nuages, elles passent du vert cramoisi à un brun très chaud, à un léger ocre ou à un gris taupe.  

 

Après une longue route dans ces paysages sublimes, nous sommes arrivés vers 17h00 au monastère de Rongphu à 4.980 m d’altitude. Birgit et Steve, mes compagnons de route au Tibet, ne voulaient pas faire les derniers 8 km à pied pour aller au camp de base qui se trouve à 5.200 m. Ils ont donc pris une sorte de charrette avec un cheval. Ils ont aussi pris mon sac à dos.  

 

Moi, malgré mon inquiétude de faire ces derniers kilomètres tout seul,  j'ai décidé d'y monter à pied. C’est à pied que je désirais y arriver.  

 

J’ai bien fait, c'était du pur bonheur.  

 

J'ai mis plus ou moins 2h30 pour y arriver. C'était dur. Je crois qu'avec l'altitude, les 8 km équivalent bien à 3 fois plus. Mais mon émotion était très intense. J'étais tout seul au milieu de cette nature grandiose. Vraiment impressionnant. Je devais suivre un torrent descendant d'un glacier, toujours avec en point de mire le sommet de l'Everest qui se rapprochait et qui rougissait progressivement sous les rayons du soleil couchant. Le chemin était parsemé de petits monticules avec des pierres les unes sur les autres. Chaque pierre correspond à une prière. Pour les Tibétains comme pour beaucoup d’autres personnes, … l'Everest est sacré.  

 

J'ai aussi rencontré beaucoup de bouquetins qui n'étaient vraiment pas farouches et j'ai croisé une caravane de Yacks. J’étais également accompagné par des oiseaux. Ils semblaient me suivre, comme s’ils étaient contents de voir quelqu’un. 

Je suis arrivé au camp de base avec le coucher du soleil sur l'Everest. Fabuleux … Nous avons donc assisté tous les 3 au dernier rayon de soleil sur cette partie de l’Asie. Nous avons dormi au camp de base dans une tente qui reste en permanence et qui est aussi occupée par une famille de tibétains. Ils nous ont fait à manger et nous sommes ensuite allés nous coucher. 

 

Pendant la première partie de la nuit, j’ai un peu souffert du mal d’altitude. J’avais l’impression d’étouffer, mon coeur battait la chamade et je me réveillais régulièrement en sursaut. Par après, cela s’est un peu calmé et la deuxième partie de la nuit a été un peu plus paisible mais … glaciale.

Bises les plus hautes du monde.

François 

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