Je reviens de Cuba avec des sentiments un peu mitigés.

Je me réjouissais d'y aller mais je suis content d'être de retour au Mexique. Le voyage en "solitaire" y a été un peu plus difficile qu'ailleurs.
Vu la situation politique et surtout économique, les prix pour les touristes sont élevés comparativement à la qualité reçue. L'Etat cubain a installé un régime avec deux monnaies. Les Cubanos pour l'utilisation journalière des Cubains et les Pesos convertibles pour les autres achats. Les touristes ne sont sensés utiliser que les derniers. Tous les services destinés aux touristes et les produits qui ne sont pas de première nécessité affichent des prix en Pesos convertibles et sont relativement chers. Du coup, les Cubains sont constamment à la recherche de Pesos convertibles. Le touriste est donc perçu comme une machine à sous. Quelque part, je comprends parfaitement cette situation mais à la longue, j'ai eu des difficultés à l'accepter. Les contacts avec la population étaient souvent biaisés de ce fait. Vous êtes constamment abordé par des personnes qui, 9 fois sur 10, sont des Jeneteros ou des Jeneteras. Aux premiers abords, ils sont très sympathiques et ils semblent simplement vouloir faire votre connaissance mais leur seul objectif est de vous soutirer le maximum d'argent. Ce sont de vrais "professionnels". Ils installent d'abord un sentiment de sympathie, puis de confiance pour ensuite jouer sur la corde sensible. Ils espèrent que vous leur payez d'abord un verre, puis le repas. Arrivent ensuite les demandes plus appuyées pour que vous leur achetiez les dernières chaussures de sport à la mode ou que vous leur donniez de l'argent. Et si vous n'êtes pas d'accord, ils ne sont plus sympathiques du tout. Dans le pire des cas, ils profitent d'une minute de votre inattention pour vous voler quelque chose.
Tous les Cubains ne sont pas comme cela mais à la longue, à force de me faire "prendre", je me méfiais de tout le monde et j'évitais les contacts. Du coup, le voyage en "solitaire" était un peu pénible.
Je voulais également aller à Cuba pour y faire un stage de Salsa. Eh bien, paradoxalement, je n'en ai pas trouvé. Si ce n'est des stages vraiment très chers (plus chers qu'en Belgique). J'avais prévu de rester 3 semaines à Cuba. Je suis revenu au Mexique après 2 semaines. Et j'étais content ainsi qu'un peu soulagé de remettre les pieds sur le sol mexicain et de plus devoir être sur mes gardes continuellement.
A Cuba, les paysages et les villes coloniales sont beaux mais à vrai dire, j'ai vu mieux ailleurs.
Je ne regrette cependant pas du tout le voyage. Sous beaucoup d'aspects, Cuba est vraiment intéressant. Cela m'a un peu ouvert les yeux sur cette situation politique et économique spécifique.
J'ai aussi beaucoup aimé La Havane et cette impression de se retrouver dans les années '50. Quoique, ça m'a rendu un peu triste aussi. Pour les touristes, ça fait de belles photos. Pour les Cubains qui y vivent, cela ne doit pas être rose tous les jours. Quand on voit une vielle Chevrolet en panne devant un bâtiment colonial en ruine, c'est assez photogénique. Quand on est le chauffeur ou les passagers, ça doit l'être beaucoup moins !
Evidemment, j'ai aussi beaucoup aimé l'ambiance musicale qui est présente partout. Mais j'ai surtout aussi beaucoup apprécié l'atmosphère de Santiago de Cuba. J'ai eu la chance d'y être pendant le "festival du feu" qui est une sorte de prémices au carnaval qui va avoir lieu aux alentours du 21 juillet. C'était une expérience très riche. Santiago de Cuba est en grande partie habitée par une population noire. J'avais l'impression d'être en Afrique, version Caraïbes. Il y avait en outre une ambiance du tonnerre.
Du côté positif, j'ai aussi rencontré des personnes super intéressantes, pour la plupart non cubaines. Un New-yorkais (qui était sensé ne pas être à Cuba), un Australien et une famille canadienne avec qui j'ai passé de très agréables et de très riches moments.
Bref, comme je le disais, il y du bien et du moins bien. Les différents routards que j'y ai rencontrés sont également de mon avis. J'ai même appris qu'il est parfois plus avantageux de réserver tout son voyage à partir de l'Europe que de voyager "en routard" sur place. Mais bon, ça implique d'être "parqué" dans un ghetto pour touristes à Varadero ou dans une autre station balnéaire, et de découvrir La Havane, Trinidad et éventuellement un autre endroit dans le cadre d'excursions organisées. A chacun son style ...
Bises contrastées
François


































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